Extrait

Les Chroniques P.E.R. - Le Commencement

« Alors cher ami ? regardant tout autour de lui, les mains écartées, en supination. Que vas-tu faire maintenant ? Tu es seul, plus de rebelle pour t’aider et tes armes sont à plus d’un mètre de toi. Tu n’auras le temps de rien avant que ma balle n’atteigne ta misérable petite gueule, ducon. Une dernière volonté ? Une dernière parole ?

— Oui. Tu préfères que je t’éventre à la verticale ou à l’horizontale ? »

Il regarde ses comparses et ils se mettent à rire ensemble trouvant la situation ironique. Svironof se ressaisit et dégaine son revolver pour le pointer vers moi.

« Assez ri ! Adieu, cher ami. »

À peine a-t-il fini sa phrase que mon pied soulève l’une des bûches en feu pour la projeter en l’air. Svironof la reçoit en plein visage et s’écroule sur le sol. L’effet de surprise réussi, je me jette sur mes sabres japonais et tranche dans la foulée les jambes du premier soldat qui tombe sur le sol dans des cris effroyables, semant encore plus la panique dans le groupe. D’un bond, je saute sur un deuxième, et tout en m’abritant derrière son corps, je lui tranche la gorge et dirige son arme qui tire en rafale vers deux autres soldats. Ils s’écroulent et je me retourne d’un quart de tour afin d’essuyer les tirs des deux derniers hommes armés, avec mon bouclier humain. S’il restait un souffle de vie en celui-ci, c’en est fini pour lui au vu du nombre de balles qu’il encaisse de ses camarades. Je disparais alors dans un large sillon en contrebas, derrière moi, emportant avec moi mon bouclier de chair humaine. Les soldats croyant à ma défaite, se précipitent vers le sillon et se penchent au-dessus de celui-ci, les armes prêtes à faire feu si besoin en est. Après quelques secondes à ne percevoir que le corps de leur camarade étalé dans la pénombre du sillon, ils se retournent pour revenir vers le colonel, mais leurs têtes se détachent de leurs cous. Je les ai tranchés vifs, comme des poulets à l’abattoir. À ce moment, j’entends le cliquetis du cran de sûreté du revolver de Svironof. Il a repris ses esprits et je me retourne pour constater qu’il me tient en joue, son visage, côté droit brûlé le faisant cligner de l’œil à plusieurs reprises.

« Cher ami, maintenant c’est la fin pour toi. », dit-il après avoir craché son sang sur le sol.

Soudain, un hurlement lugubre se fait entendre au loin et déconcentre une seconde Svironof. Une seconde de trop pour lui. En un éclair, je disparais dans l’obscurité car la nuit est avec moi, la lune n’est pas au rendez-vous. Svironof se retrouve seul, près du feu, s’agitant de droite à gauche, tournant sur lui-même, me cherchant du regard. Tout à coup, une douleur insoutenable l’oblige à regarder sa main droite, celle qui tenait le revolver. Elle n’est plus au bout de son bras. Ma lame est passée par là. La douleur se lit sur son visage et lui arrache un cri presque aussi effroyable que ceux des créatures qu’on peut croiser de nos jours. Tout en prenant son moignon de sa main gauche, il me supplie.

« Je t’en prie, cher ami, ne fais pas ça.

— Tu l’as dit toi-même, la pitié c’est pour les faibles, ducon. »

Ma lame transperce son corps de part en part au niveau de l’estomac et je lui murmure à l’oreille.

« J’ai choisi pour toi. À la verticale. »

D’un coup sec, je remonte ma lame jusqu’à sa gorge et il tombe sur le sol, laissant s’échapper ses entrailles, avant d’agoniser quelques secondes en me regardant.

Je me rassois sur le tas de gravats. Comme je le disais : avant, j’avais un nom, une identité, une famille, un chez moi, mais aujourd’hui, je suis Phoenix.

© 2017 par J-F Deboulle

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